Les kaléidoscopes cosmiques de Teebs

Poulain de l’écurie Brainfeeder, Mtendere Mandowa aka Teebs, compose des mélodies aux accents psychédéliques apportant ainsi sa pierre au abstract hip-hop, dans sa dimension la plus poétique. 

Teebs, graphiste et peintre. © DR

Teebs s’inscrit, à 25 ans,  dans cette nouvelle vague de beatmakers californiens réunis sous la coupe de Flying Lotus, maître incontesté du abstract hip-hop. Egalement peintre de son état, il se distingue de ses condisciples parmi lesquels Samiyam, Jeremiah Jae, Ryat, Taylor McFerrin ou encore TOKiMONSTA par un glitch-hop feutré et vaporeux, riche de sons cristallins et chiadés. Ses premiers beats, façonnés au sein du collectif « My Hollow Drum » restent encore proches de la lourdeur et de la complexité d’un hip-hop purement expérimental, en témoigne  son premier EP, « The Tropics« , composé avec son acolyte Jackhigh (signé chez Svetlana Industries, un label serbe).

« Just The Yellow Bits » – Collections 01

Mais avec « Brainfeeder », Teebs atteint finesse et subtilité : dans son tout premier album «Ardour» (octobre 2010) et son EP «Collections 01», les sons sont comme des échantillons d’émotions qu’il assemble de manière à les décharger de toute pesanteur. Une résultante qui implique de savoir harmoniser les couleurs et qu’il réussit à atteindre autant dans ses tableaux sonores que visuels. Pour l’artiste, peinture et musique,  qu’il considère comme « personnels et intimistes », vont de pair (il a d’ailleurs peint l’ensemble des covers de ses productions). « Tout est simultané et vient d’un seul et même état d’esprit. L’album « Ardour » en est d’ailleurs le résultat, c’est un chapitre musical, un instant de vie », confiait-il dans une interview au site Oneclock en mars 2011.

« Why Like This » – Ardour

Teebs aux platines. © Red Bull Music Academy

A l’instar des « cosmogrismes » de Flying Lotus, les « ardourismes » de Teebs nous empêchent, d’une façon moins catégorique toutefois, de garder les pieds sur terre. Ce sont plusieurs images et couleurs sonores, qui, de par l’atmosphère qu’elles dégagent, nous invitent dans un univers kaléidoscopique propre aux défricheurs cosmiques.

« Wind Loop » – Ardour 

Katia Touré


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