« Contemplation » : les pérégrinations de Gabriel Zufferey

« Contemplation » est le premier album solo du pianiste Genevois Gabriel Zufferey publié chez Bee Jazz le 17 mai dernier. C’est un opus de 18 titres sur lequel le musicien livre un propos sincère et singulier en jouant sur trois axes : des standards, des impros intimistes et…des mashups. Divin.

« La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée« . Cette citation de Platon est le credo du pianiste Suisse Gabriel Zufferey. Gageons que ces mots n’ont eu de cesse de l’animer tandis qu’il s’adonnait à sa « Contemplation ». Contemplation au sens de réflexion et d’introspection.

Pour mener à bien cette expérience, le pianiste de 28 ans s’est isolé dans un village suisse, en pleine montagne, à 1700 mètres d’altitude. On l’imagine alors habité par la musique qui a forgé son âme de musicien précoce. Les ailes de la pensée ont suivi. Ainsi, le « Take Five » de Paul Desmond s’est vu somptueusement bouleversé, le « Tenderly » de Walter Gross a trouvé un nouvel éclat ou « My Funny Valentine » de Richard Rodgers s’est mué en une ode d’une souriante mélancolie.

« My Funny Valentine » (Richard Rodgers) – Gabriel Zufferey 

Gabriel Zufferey propose également des mashups au caractère troublant. Il imbrique le « Nardis » de Miles Davis à la troisième « Gnossienne » d’Erik Satie puis réitère la démonstration avec le « Lonnie’s Lament » de John Coltrane et le « Lonely Woman » d’Ornette Coleman. Cinq courtes improvisations viennent s’ajouter à ce recueil de standards revisités avec brio.

« Contemplation » est un journal intime au sein duquel le pianiste déconstruit puis reconstruit les thèmes d’un répertoire qui a nourri sa méditation. Il évite les fioritures. Son doigté raffiné contient l’effusion lyrique. Il fait d’ailleurs le choix d’un  minimalisme qui s’accorde avec la finesse du propos. Chaque morceau est une goutte de rosée aux reflets irisés. On s’en délecte les yeux fermés sans jamais se lasser.

TRACKLIST :

Contemplation (McCoy Tyner) 

Gnossienne N°3 – Nardis (Erik Satie/Miles Davis)

Tension (Gabriel Zufferey)

Take Five (Paul Desmond)

Crepuscule (Gabriel Zufferey)

My Funny Valentine (Richard Rodgers)

Armando’s Rhumba (Chick Corea)

Tenderly (Walter Gross)

Underside (Gabriel Zufferey)

The Old Country (Nar Adderley & Curtis Lewis)

In A Sentimental Mood (Duke Ellington)

Freedom Jazz Dance (Eddie Harris)

Dienda (Kenny Kirkland)

Cassiopée (Gabriel Zufferey)

Trinkle Tinkle (Thelonious Monk)

Giant Steps (John Coltrane)

Aldebaran (Gabriel Zufferey)

Lonnie’s Lament – Lonely Woman (John Coltrane/Ornette Coleman)

Gabriel Zufferey a déjà publié deux albums chez Bee Jazz : « Après l’orage » (avec Daniel Humair à la batterie et Sébastien Boisseau à la contrebasse) ainsi que « Hear & Now » (avec le batteur et percussionniste Ramon Lopez, le tromboniste Samuel Blaser et le contrebassiste Patrice Moret).

Katia Touré


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