« Fletcher Moss Park » : Matthew Halsall, un nostalgique à l’écoute de la nature

« […] C’est la musique qui exprime ce que la poésie ne peut expliquer avec des mots. » – Hazrat Inayat Khan (« Notes de la musique silencieuse)

Le jazz du trompettiste Matthew Halsall est un jazz d’une autre époque. Un brin cloisonné par les codes d’un autre temps. Mais, fort d’un lyrisme imprégné d’émotions pures et franches, ce natif de Manchester joue sur une structure lisse, calme et contenue sur laquelle dansent des notes romantiques, nostalgiques, presque spirituelles. C’est toute la beauté de « Fletcher Moss Park » – son quatrième album paru le 15 octobre dernier chez Gondwana Records.

Une ode à la nature. Celle de Fletcher Moss Park, ce jardin de Manchester, où feuilles et arbres soumis aux caprices du vent automnal, donnent à méditer sur la moindre sensation. Les trois précédents albums de Matthew Halsall, « Sending My Love » (2008), « Colour Yes » (2009) et « On The Go » (2011) ont quasiment le même ton, laissent peu de place à la folie, vous emmènent en terrain sûr, vous guident vers un univers où le jazz est musique. Où le jazz est langage.

• « Mary Emma Louise » 

Entouré d’instrumentistes au jeu subtil, du saxophoniste Nat Birchall à la harpiste Rachael Gladwin en passant par le pianiste Adam Fairhall ou encore le violoniste Davinder Singh, Matthew Halsall compose et interprète des solos à la somptuosité langoureuse, des mélodies étincelantes qui vous transportent au milieu d’un îlot de verdure, illuminé par un soleil clément.

• « Cherry Blossom » 

Sur le morceau d’ouverture, « Cherry Blossom », plane d’abord la spiritualité d’une Alice Coltrane à la harpe, avant que Matthew Halsall ne redessine les contours de « son » Fletcher Moss Park appuyé par l’élégance du piano et de la contrebasse. La remarquable beauté de « Mary Emma Louise », « Wee Lan (Little Orchid) » ou encore « The Sun In September », trois morceaux aux atmosphères complètement différentes, hypnotise, portée par les jeux de violon, de flûte, de harpe et de contrebasse à l’archet.

« Fletcher Moss Park » est une aventure contemplative  au cours de laquelle on respire, à pleins poumons, l’air de cette nature façonnée par la poésie d’un trompettiste animé par les élans de l’âme.

• « Wee Lan (Little Orchid)

 

Katia Touré


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