Palabres à Dakar : Le « All Blues » du Milim Jazz

Lendemain de fête de Korité (fête célébrant la fin du Ramadan). Les « Denewati » ont fusé, les habits de fête ont vêtu la ville d’un voile multicolore, raffiné et empreint de religiosité bien plus qu’à l’accoutumée. Ce samedi soir donc, Dakar by night, c’est reparti… L’hivernage n’arrête personne. Dans les rues, les gazelles aux longues jambes, perchées sur des échasses dernier cri, lancent des regards narquois et outrageusement fardés à qui veut bien les reluquer. Des bandes organisés d’adolescents arpentent les trottoirs et préparent leurs prochains crimes : retour sur les dancefloors, déhanchements et pas de danse venus tout droit du Nigéria (ce pays semble conquérir toute l’Afrique de l’Ouest en matière de musique préfabriquée pour nightclubs…), drague à outrance et ingurgitation de litres de bière. Voilà pour la caricature. Il est certain, par exemple, que d’autres préfèrent se retrouver, enlacés face à la mer, pour faire le point après un mois d’abstinence… Mais laissons là les Dakarois à leur rupture définitive du jeûne implacable et sans pitié, pour cette année du moins.

Pour ma part, j’opte pour le jazz. Live du tonnerre qui me fait frissonner d’avance. En route pour « L’Endroit » sur la route de la VDN où les musiciens du Milim Jazz s’apprête à faire exploser nos tympans avec un jazz qui me renvoie souvent aux « Biguines Réflections » d’Alain Jean-Marie…

Le guitariste Jeannot Mendy, le batteur Julians Voisin, le bassiste Abdourakhmane Fall et le percussionniste Pais Mbaye - Crédit : https://www.facebook.com/milim.jazz?fref=ts
Le guitariste Jeannot Mendy, le batteur Julians Voisin, le bassiste Abdourakhmane Fall et le percussionniste Pais Mbaye – Crédit : https://www.facebook.com/milim.jazz?fref=ts

A Paris, lors des échanges de fin de concert au Babilo, le pianiste Martiniquais Georges-Edouard Nouel n’avait de cesse d’évoquer ce groupe qu’il espérait pouvoir rejoindre un jour… L’un de ses compatriotes en fait d’ailleurs partie : Joël Julians qui apporte indéniablement la touche quelque peu antillaise au jazz du Milim. J’aurais réussi à percevoir les rythmes d’un gwo ka agrémenté des riffs mbalariens du percussionniste Papis Mbaye. Tout cela sur le « All Blues » de Miles Davis (« Kind Of Blue », 1953)… De toute façon, après avoir vu sur scène Goundo Cissoko, griotte de son état et accessoirement sœur du koriste Ablaye Cissoko, interpréter le « Round Midnight » de Thelonious Monk en langue Bambara, disons que plus rien ne m’étonne. « Jazz is (definitely) not dead ».

Le Milim Jazz se prévaut d’un jazz afro-carribéen. Le cocktail est fruité : mangue, maracudja et une bonne dose de gingembre – d’où les solos épicés qui pondèrent chacune de leurs prestations. Jazz manouche, flamenco teinté de funk, samba, salsa, biguine, blues – le Milim joue les compositions issues de son premier album « African Dream », improvise et cuisine les standards à la sauce sénégalaise. Le leader et guitariste Jeannot Mendy mène la danse et déroule le programme au gré de clins d’œil aux membres de sa joyeuse troupe. Un quartet dont la complicité rime indéniablement avec improvisation. Soit l’essence même du jazz…

A suivre, des palabres en jazz avec l’ensemble des musiciens du Milim Jazz. So stay tuned, comme dirait l’autre.

http://www.reverbnation.com/milimjazz

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Crédit : Katia Touré
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