Christian Laviso cultive l’impro

Christian Laviso/Crédit : Samuel Laviso

Le guitariste Christian Laviso s’est produit le 28 août dernier au Yacht Club de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pour une prestation anticonformiste aux côtés de trois de ses fidèles compères. Focus sur un musicien à la verve authentique.

Musiques apparentées et chargées d’histoire contre « la dictature du reste » . Voilà ce qui anime le guitariste Christian Laviso quand il pince et gratte ses cordes. Bien aguerri serait celui qui oserait lui coller une étiquette ou l’enfermer entre les cloisons d’un style musical à la dénomination encore et toujours floue. Il parle du blues comme de cette musique née dans les champs de coton et dont découle le jazz. Il parle du gwoka comme de cette musique née dans les champs de canne. Des musiques cousines car, après tout, elles sont enfants de l’Afrique, ce continent aux milles sonorités et aux milles rythmes qui traversent les frontières sans visa. Des musiques marquées au fer rouge par ce qui fait leur éclat : l’improvisation teintée d’un réel propos, une avalanche de thèmes et de variations modelées au gré des fluctuations de ce qui habite le musicien, entre cris du coeur ou revendications. « Quand David Murray ou Kenny Garrett viennent se produire ici, ils insistent souvent sur le fait qu’ils ne sont pas là pour parler de jazz » , sourit Christian Laviso.
SOIGNER L’ÂME, CULTIVER LES ESPRITS
Sonny Troupé et Aldo Middleton Crédit Samuel Laviso
En juin, le guitariste avait déjà donné rendez-vous à son public au Yacht Club pour une mise en perspective de son concept guitare-ka avec, justement, le saxophoniste de jazz américain David Murray, Luther François (saxophone) et David Rilcy (batterie). Cette fois, le guitariste au jeu volubile était accompagné du batteur Sonny Troupé, du saxophoniste Sylvain Joseph et du percussionniste Aldo Middleton, pour un concert dont l’objectif premier est de « soigner l’âme et cultiver les esprits » . Trois musiciens singuliers, clame Christian Laviso. S’il a vu grandir Sonny, fils de feu Georges Troupé, il voit en lui le porte-parole d’un gwoka qui vit et vibre au-delà des Antilles. Sylvain Joseph, grand fan de Kenny Garrett, est, selon lui, un musicien hors-pair et enfin, Addo Middleton, qui a fait ses armes aux côtés des maîtres du ka Vélo ou Yves Thôle, joue un grand rôle dans la culture guadeloupéenne. Le dernier opus de Christian Laviso s’intitule Ti Moun’A Lafrik. Inutile de vous faire un dessin.
 Katia Touré
Article paru dans le quotidien France-Antilles Guadeloupe (http://bit.ly/1zYKsM2)

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