Yoann Danier ou le plaidoyer du jazz « open »

Yoann Danier se produira en quartet, le 17 septembre dernier, au New Ti Paris, un club du Gosier (Guadeloupe) pour un concert surfant sur des standards, du jazz à la biguine, saupoudrés d’un élan novateur. Échange avec un jeune batteur au propos singulier.

Yoann Danier et Philippe d'Huy en duo
Yoann Danier et Philippe d’Huy en duo
À 22 ans, le batteur Yoann Danier fait partie de ces jeunes musiciens qui ont déjà de quoi prétendre à une véritable carrière. Il joue depuis l’âge de 9 ans, dispose des mots pour décrire son jeu et, surtout, fait preuve d’une analyse saisissante de maturité quant à son métier et au milieu dans lequel il évolue. « Je suis dans la simplicité. Je joue sur le groove et les rythmes du gwoka. Je ne suis absolument pas dans la performance. Ce qui m’intéresse est de construire avec l’autre à travers la musique » , explique le jeune homme qui cumule inspiration (au sens artistique du terme) et respirations, soit la loi des silences. Il se considère comme un « faux jazzman » : il a un goût pour l’esprit jazz qui touche à l’improvisation, la déconstruction de thèmes et l’art de la surprise, mais cela s’arrête presque là. Et dire qu’il étudie encore…
PHILIPPE D’HUY, CHEF D’ORCHESTRE SILENCIEUX
Élève de l’école de batterie Dante Agostini (vers laquelle l’ont poussé les musiciens Sonny Troupé et Arnaud Dolmen) et du Centre de formation professionnelle de la musique à Toulouse, le Guadeloupéen considère « qu’un musicien ne finit jamais d’apprendre » .
Une conviction qu’il doit au pianiste Mario Canonge et au batteur Jean-Philippe Fanfant. Ces deux prodiges font partie de la myriade de grands noms qu’il admire. Il y en a aussi qu’il côtoie et avec lesquels il joue depuis l’âge de 17 ans. Parmi eux, feu Philippe d’Huy avec qui il a écumé de nombreuses scènes pendant l’été 2012. « Je l’ai connu trop tard » , dit-il. « J’ai été très touché par son décès. Il avait l’esprit musical dans la peau. C’était un chef d’orchestre silencieux qui communiquait avec le regard. Il m’a fait vivre des moments extraordinaires » , confie celui qui a fait ses premières armes avec Pascal Latour, son mentor, qui lui a (presque) tout appris et l’a poussé à aller voir ailleurs.
Quand on lui demande ce qui lui manque aujourd’hui pour être un bon musicien, il répond d’emblée : la musique. « Et ça ne viendra peut-être jamais » , ajoute-t-il. « Un vrai musicien est toujours en quête, il court sans cesse derrière la musique qui n’a rien d’absolue. »
Ce mercredi 17 septembre, avec le saxophoniste Sylvain Joseph, le bassiste Fabrice Fanfant et le pianiste Jonathan Jurion, il promettait une soirée de partage. Clou du spectacle ? Le saxophoniste Alain Joséphine, du groupe Iguane Xtet, s’est invité sur scène pour quelques interprétations.
Katia Touré
(Article paru dans le quotidien France-Antilles : http://www.guadeloupe.franceantilles.fr/loisirs/sortir/danier-jazzman-toujours-open-286252.php)

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